Pourquoi une habilitation spécifique à la caténaire
La caténaire est l’ensemble des fils et câbles suspendus au-dessus de la voie qui alimentent les trains par leur pantographe. Elle est sous 1 500 V continu ou 25 000 V alternatif selon les lignes. Ses conducteurs sont nus, à quelques mètres au-dessus des têtes, et le courant de traction retourne par les rails : l’environnement électrique ferroviaire ne ressemble à aucun autre.
Le décret n° 2017-694 du 2 mai 2017 consacre un chapitre entier à ce risque. Il prévoit une habilitation électrique ferroviaire, que l’employeur « délivre, maintient ou renouvelle » après s’être assuré qu’à l’issue de la formation les travailleurs possèdent les compétences requises. Le titre précise les installations concernées, les zones accessibles, les limites des attributions et la nature des tâches confiées. Les habilitations caténaire proposées par FerroTalents s’appuient sur la norme NF C 18-510 et sur les référentiels de sécurité électrique de SNCF Réseau.
Les distances à connaître
| Notion | Distance | Ce que cela implique |
|---|---|---|
| Distance limite de voisinage simple | 3 mètres des conducteurs nus sous tension | En deçà, on entre dans une zone à risques électriques réglementée |
| Distance limite de voisinage renforcé | 2 mètres | Zone réservée à des personnes habilitées ou surveillées par une personne habilitée |
| Distance minimale d’approche | 1 mètre | Limite à ne jamais franchir tant que l’installation n’est pas consignée et mise à la terre |
Le décret classe l’espace en zones. La zone 2 exige une habilitation électrique ferroviaire, ou un travailleur autorisé placé sous la surveillance constante d’une personne habilitée ; la zone 3 exige une habilitation ferroviaire spécifique. Ces distances valent pour le corps, mais aussi pour tout ce que l’on tient ou que l’on manœuvre : une perche, une échelle, le bras d’une nacelle.
La consignation caténaire, en deux étapes
Travailler près de la caténaire suppose de la mettre hors tension et de garantir qu’elle le restera. Le programme des formations distingue deux étapes de consignation. La première relève de l’exploitant de l’installation : la caténaire est séparée de ses sources d’alimentation et cette séparation est garantie. Le chargé de travaux en reçoit la preuve sous la forme d’une attestation de consignation. La seconde se joue sur le chantier, sous l’autorité du chargé de travaux : vérifier l’absence de tension au droit de la zone de travail, puis relier la caténaire au rail par des connexions de mise à la terre.
L’installation est séparée de ses sources. Le chargé de travaux reçoit l’attestation de consignation.
Le percheur, sur ordre, contrôle que la caténaire n’est plus sous tension.
Pose des perches : la caténaire est reliée au rail de part et d’autre de la zone de travail.
L’équipe intervient dans la zone ainsi protégée, sous la direction du chargé de travaux.
Dépose des perches sur ordre, retrait du personnel, fin de travaux et restitution de l’installation.
Pourquoi vérifier l’absence de tension si la ligne est déjà coupée ?
Parce qu’une erreur de repérage est toujours possible : se tromper de voie, de section ou de limite de zone consignée. La vérification d’absence de tension est le dernier filet avant le contact. Elle s’effectue à l’endroit même où l’on va travailler, avec un appareil adapté à la tension de la ligne et contrôlé avant usage.
À quoi servent les perches de mise à la terre ?
Une caténaire hors tension peut redevenir dangereuse : remise sous tension par erreur, tension induite par une ligne voisine, passage d’un pantographe qui ponte deux sections, foudre. Les connexions de mise à la terre relient la caténaire au rail ; si une tension réapparaît, le courant s’écoule par la connexion et non par les personnes. L’ordre des gestes est invariable : on raccorde d’abord le côté rail, ensuite le côté caténaire à l’aide de la perche isolante ; à la dépose, on procède dans l’ordre inverse.
CH1 CB1 : le rôle de l’exécutant
La formation CH1 CB1 — percheur caténaire vise les monteurs et agents caténaire et les équipes travaux intervenant sous la ligne aérienne. Ses objectifs : connaître les installations de traction électrique et leurs dangers, vérifier l’absence de tension et poser les connexions de mise à la terre, agir dans le cadre fixé par le chargé de travaux, après la consignation de l’installation.
| Jour | Thème | Contenu |
|---|---|---|
| Jour 1 | La traction électrique | Caténaire, alimentation, dangers et distances de sécurité |
| Jour 2 | Consignation et mise à la terre | Les deux étapes de la consignation, vérification d’absence de tension, perches |
| Jour 3 | Gestes et évaluation | Pose et dépose des connexions sur installation école, évaluation des acquis |
Prérequis : TES M recommandée, 18 ans révolus, français niveau B1, aptitude médicale aux fonctions de sécurité. Évaluation : QCM CH1 CB1 et évaluation pratique du perchage sur piste. Le mot clé du niveau 1 est « sur ordre » : le percheur n’engage jamais un geste de sa propre initiative. Pour ceux qui n’ont pas encore la TES M, la semaine TES M + TSA E (CH1 CB1) réunit les deux en 5 jours / 35 h.
CH3 CB3 : le rôle du chargé de travaux
La formation CH3 CB3 — encadrer les percheurs caténaire est de niveau confirmé. Le chargé de travaux caténaires reçoit l’attestation de consignation et organise la mise en sécurité du chantier ; il fait réaliser la vérification d’absence de tension et les mesures de protection du personnel ; il encadre les percheurs et restitue l’installation en fin de travaux.
- Jour 1 — Le rôle du chargé de travaux : responsabilités, interlocuteurs, documents de consignation.
- Jour 2 — Mettre le chantier en sécurité : vérification d’absence de tension, encadrement électrique du chantier, consignes aux percheurs.
- Jour 3 — Diriger et restituer : situations dégradées, fin de travaux, évaluation des acquis.
Prérequis : habilitation CH1 CB1 ou expérience confirmée de monteur caténaire, aptitude médicale aux fonctions de sécurité. Évaluation : QCM CH3 CB3 et évaluation pratique de l’encadrement des percheurs. La responsabilité change de nature : le chargé de travaux répond de la sécurité électrique de toute l’équipe, du premier ordre de perchage jusqu’à la restitution.
Les fiches CH1 CB1 et CH3 CB3 indiquent une habilitation valable 3 ans, renouvelée par recyclage. L’INRS recommande la même périodicité de trois ans pour le recyclage des habilitations électriques relevant de la NF C 18-510. Toutes les échéances sont réunies dans le guide validité et recyclage.
Une habilitation électrique « classique » suffit-elle ?
Non. Les symboles B et H de la NF C 18-510 (B1, B2, BR, H0…) concernent les installations électriques du bâtiment, de l’industrie ou des réseaux. Les symboles CH et CB visent les installations de traction électrique ferroviaire, avec leurs procédures de consignation propres et les référentiels de SNCF Réseau. Un électricien habilité B2 qui arrive dans le ferroviaire doit donc suivre la formation caténaire correspondant à son rôle. Et, comme partout, c’est l’employeur qui habilite — pour un intérimaire, l’INRS précise que l’habilitation électrique est délivrée par l’entreprise utilisatrice, pour la durée de la mission.
Les formations FerroTalents liées
Questions fréquentes
Qui délivre l’habilitation CH1 CB1 ?
L’employeur. FerroTalents remet une attestation de formation ; l’habilitation est ensuite délivrée par l’employeur sur la base de cette attestation et de l’aptitude médicale.
Faut-il être TES M avant le CH1 CB1 ?
La TES M est recommandée dans les prérequis, et la fiche précise qu’il faut avoir été formé annonceur sentinelle et agent sécurité du personnel. La semaine TES M + TSA E (CH1 CB1) permet de faire les deux en 5 jours / 35 h.
Combien de temps l’habilitation caténaire est-elle valable ?
Trois ans, renouvelée par recyclage, pour le CH1 CB1 comme pour le CH3 CB3.
Quelle différence entre CH1 CB1 et CH3 CB3 ?
Le niveau 1 est celui de l’exécutant : il vérifie l’absence de tension et pose les perches sur ordre. Le niveau 3 est celui de l’encadrement : le chargé de travaux reçoit l’attestation de consignation, dirige les percheurs et restitue l’installation.
Le percheur travaille-t-il sur la caténaire sous tension ?
Non. Il intervient après la consignation de l’installation. Sa mission est justement de vérifier l’absence de tension puis de mettre la caténaire à la terre avant que l’équipe ne travaille.